Transformation à St-Symphorien
Implanté au cœur du Bois d’Havré, cet ancien bâtiment lié à l’exploitation des mines de phosphates possédait une présence forte mais une vocation devenue obsolète. Le projet n’a pas cherché à effacer cette mémoire industrielle : il l’a utilisée comme point de départ.
L’intervention repose d’abord sur une position claire : préserver l’identité extérieure du volume. Les maçonneries en briques ont été conservées et restaurées, tout comme le rythme et les proportions des baies existantes. Les percements n’ont pas été redessinés arbitrairement pour répondre à un programme domestique standard ; au contraire, c’est l’habitation qui s’est organisée autour de la structure héritée. Les dessins de briques, la matérialité et la lecture d’origine du bâtiment restent ainsi lisibles depuis l’espace public. L’enveloppe conserve son caractère industriel, évitant la transformation caricaturale en « fausse maison traditionnelle ».
À l’intérieur, la stratégie est volontairement inverse. Là où l’extérieur exprime la continuité patrimoniale, l’espace intérieur assume un mode de vie contemporain. L’ensemble du projet s’appuie sur la volumétrie existante : hauteur importante, profondeur de façade et portée structurelle deviennent des qualités d’habiter. Les espaces de vie sont largement ouverts, organisés en double hauteur et prolongés par une mezzanine afin de maintenir la perception du volume originel. La circulation de la lumière naturelle, rendue possible par les grandes baies conservées, structure l’organisation intérieure.
La performance thermique n’a pas été recherchée par la modification des façades mais par une intervention intérieure complète. Une isolation continue et performante a été intégrée derrière les maçonneries conservées, permettant d’atteindre un confort actuel tout en préservant l’aspect extérieur. Le projet concilie ainsi deux exigences souvent opposées : respect patrimonial et qualité énergétique.
Cette réhabilitation illustre une approche où la transformation n’imite pas le passé et ne le nie pas non plus. Le bâtiment ne devient pas une maison ordinaire ; il reste un ancien édifice industriel, simplement rendu habitable. L’architecture consiste ici moins à ajouter qu’à révéler : conserver ce qui fait sens, transformer ce qui ne fonctionne plus, et laisser la volumétrie d’origine produire un cadre de vie singulier.